?> La philosophie derrière la pseudoscience, par Mario Bunge
* * *

Search

Nous agissons comme contrôle qualité externe et incorruptible.
Chacun peut nous faire des remontrances. Le devoir de résipiscence s'applique à tous.
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.
Avez-vous perdu votre e-mail d'activation ?
décembre 15, 2017, 06:06:53

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session

Shoutbox

1 Invité, 0 Membres

Auteur Sujet: La philosophie derrière la pseudoscience, par Mario Bunge  (Lu 4814 fois)

Jacques

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 805
L'AFIS a publié la traduction d'un excellent article de Mario Bunge, à l'adresse http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article695 : La philosophie derrière la pseudoscience.

Les critères empiriques que Bunge sélectionne pour séparer la science des pseudosciences, de demi-sciences et des protosciences, sont plus nombreux que ceux que j'ai mis en exergue à l'accueil du site. Ils sont intéressants.

Toutefois, Bunge, recopiant en cela l'opinion majoritaire dans les institutions scientifiques, ne mentionne qu'un seul cercle de socialisation : les pairs. Il est en progrès comparé aux dites institutions, quand il élargit aux pairs des disciplines voisines, quand il remarque l'interconnexion des connaissances scientifiques. Mais il omet tout le restant du cercle de surveillance externe, l'ensemble de la citoyenneté scientifique. Là, il est en conformité avec la logique d'institution, qui entend demeurer souveraine voire despotique sur son territoire à elle qu'elle a.


Bunge insiste avec justesse sur l'interconnexion entre domaines des sciences. Les pseudo-sciences sont isolées, isolationnistes. L'église freudienne est isolationniste, tourne le dos aux neurosciences, et aux avancées de la psychologie sociale et même de la psychologie développementale. L'homéopathie tourne le dos à la constante d'Avogadro, qui est âgée de pourtant deux siècles.

Il est indispensable d'emprunter aux psychiatres le concept d'épreuve de réalité.

Ensuite, il est indispensable de connaître et de comprendre les épreuves de réalité des professions voisines, les clients comme les fournisseurs en connaissances. Il est généralement utile d'emprunter à ses voisins leurs épreuves de réalité ; cela reste un des meilleurs moyens de déceler ses propres erreurs.

Par exemple au 18e siècle, il n'existait pas encore d'épreuve de réalité interne à la petite communauté des chimistes, qui les avertit que leur phlogistique à pesanteur négative, ça ne tenait pas la route. Mais chez les astronomes si : en astronomie, la pesanteur négative n'existe pas. Et Antoine Laurent de Lavoisier fréquentait des astronomes. On sait la suite.

Par exemple au 21e siècle, il n'existe pas dans le Panel Intergouvernemental pour les Changements Climatiques de physiciens assez avertis de spectrographie d'absorption, pour les prévenir que leur dogme "Le CO2 atmosphérique dirige le climat" ne tient pas la route. Il n'y a pas non plus chez eux de biologiste végétal capable de les avertir que leur dogme "Le CO2 atmosphérique est une pollution nuisible à la couverture végétale" est en contradiction flagrante avec les contraintes basiques de la photosynthèse. Cette clique manque aussi de géologues capables de les avertir que leur dogme "Le CO2 atmosphérique dirige le climat" est en contradiction flagrante avec les événements du passé, par exemple avec les glaciations Varangiennes, qui se sont produites avec des teneurs atmosphériques en CO2 seize à vingt fois supérieures à l'actuelle. Etc. L'exemple type de la pseudo-science en isolation scientifique - mais hélas en domination politique, comme le fut en son temps et en son lieu le lyssenkisme-mitchourinisme.
« Modifié: décembre 27, 2012, 04:47:14 by Jacques »
La science se distingue des autres modes de transmission des connaissances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences

Jacques

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 805
Re : La philosophie derrière la pseudoscience, par Mario Bunge
« Réponse #1 le: octobre 20, 2007, 01:50:42 »
Citation de: dudu
Vous êtes hors sujet. Depuis le début, vous cherchez ouvertement à provoquer l'auteur du fil et n'amenez rien de constructif à la discussion, ce qui est précisément la définition du trollage. Voir Charte.

AVERTISSEMENT

Il s'agit de votre premier.

La catégorie "Troll, trollisme" ne vaut pas un clou.
Et pourtant, elle est devenue la référence majeure sur tous les niouses-groupes, et la plupart des forums du net.

La catégorie "boulet", est déjà moins farfelue, et plus drôle.

J'ouvre ce fil en liaison logique avec la discussion sur la nécessité de modérer ce groupe (fr.sci.physique), pour avoir une chance de le sauver. Aucun contributeur sérieux ne conteste qu'il faut en passer par la modération.

L'AFIS a publié la traduction d'un excellent article de Mario Bunge, à l'adresse http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article695 : La philosophie derrière la pseudoscience.

Les critères empiriques que Bunge sélectionne pour séparer la science des pseudosciences, de demi-sciences et des protosciences, sont plus nombreux que ceux que j'ai mis en exergue à l'accueil du site http://deonto-ethics.org/impostures/ . Ils sont intéressants.

Toutefois, Bunge, recopiant en cela l'opinion majoritaire dans les institutions scientifiques, ne mentionne qu'un seul cercle de socialisation : les pairs. Il est en progrès comparé aux dites institutions, quand il élargit aux pairs des disciplines voisines, quand il remarque l'interconnexion des connaissances scientifiques. Mais il omet tout le restant du cercle de surveillance externe. Là, il est en conformité avec la logique d'institution, qui entend demeurer souveraine voire despotique sur son territoire à elle qu'elle a.

Citons Bunge : "Les pseudosciences n’évoluent pas, ou, si elles le font, elles ne changent pas comme suite à une recherche. Elles sont isolées des autres disciplines, même si parfois elles se métissent avec d’autres fausses sciences, comme le montre l’astrologie psychanalytique. Et loin d’accepter la critique, elles tentent de geler les croyances. Leur but n’est pas de chercher la vérité mais de persuader ; elles définissent des arrivées sans départ et sans trajet. Alors que la science est pleine de problèmes, et que chaque résultat génère de nouveaux problèmes, la pseudoscience est caractérisée par la certitude. En d’autres termes, alors que la science génère de la nouvelle science, la pseudoscience est stérile, car elle ne pose pas de nouvelles questions. En somme le grand problème de la pseudoscience est que sa recherche est biaisée ou inexistante."

La catégorie mythique "troll, trollisme" est une pseudo-science locale aux informaticiens du net. Elle n'est rattachée à aucune science du management, à aucune psychologie des groupes, à aucune psychopathologie clinique. Elle ne permet que très rarement de prendre des décisions managériales sensées, elle sert seulement à stigmatiser et ostraciser son prochain, à proclamer sa supériorité innée sur celui qu'on insulte.

Après la critique, que construire ?

Nous avons un problème de direction des discussions. Depuis deux ou trois siècles déjà, des associations, des loges maçonniques, des sections syndicales, des sections locales de partis politiques, ont des présidents de séance, qui régulent les débats. Voilà qui représente un savoir accumulé notable. Depuis environ un siècle, des psychologues, en particulier des psychologues du travail, étudient cela, et des manageurs et des professeurs de management suivent cela avec attention. C'est chez eux qu'il faut chercher les bases de notre tâche de manageurs de discussions scientifiques.

Au lieu de stigmatiser notre prochain en tâchant de lui coller une étiquette sur le front, concentrons nous sur les comportements, et leur adéquation à notre mission commune. Pouvons-nous critiquer et amender tel comportement ? Indiquer comment corriger, cette fois-ci et à l'avenir ?

Nous sommes de bons dirigeants, quand nous réussissons à être constamment anthropogènes, et non anthropophages.

Ici, le problème localement posé à Dudu, était l'incompétence crasse de l'initateur de la discussion, qui manifestement n'avait pas les bases pour maîtriser son sujet, en contraste avec sa prétention pyramidale. La solution managériale est de préciser les règles des débats :
Citer
Vous avez le droit de prouver que l'autre ment, ou se trompe, ou ne respecte pas les règles de base d'une méthode d'enquête, ou les règles de base de la logique. Vous avez le droit de contester sa compétence sur le point en débat, et le fardeau de la preuve est alors à votre charge.

Vous avez le droit de lui prouver qu'il est prisonnier d'une doctrine, ou d'une habitude, ou d'une propagande, ou d'une secte.
Vous avez le devoir de lui montrer comment redresser ses torts.
Vous avez le droit d'employer la « méthode XYZ » des scènes de ménage efficaces :
Exposer « Quand tu fais X, je ressens Y, et j'aurais préféré que tu fasses Z. ».

Vous avez donc le devoir d'utiliser le pronom personnel "je", et d'avoir le courage élémentaire de dire votre propre ressenti. Vous n'avez pas le droit de camoufler ce ressenti personnel derrière des généralités non prouvées, et qui tomberaient du ciel.
Vous n'avez pas le droit de recruter des alliés contre l'autre. Les guerres de clans seront expulsées.
Une seule personne peut avoir raison contre mille coalisés, et nous sommes d'abord au service de la vérité, et non des guerres civiles ni de leurs profiteurs. Vous avez le droit de blâmer des actes, vous n'avez pas le droit à la méchanceté gratuite. Vous n'avez le droit de propager aucune rumeur calomniatrice. Vous n'avez pas le droit de lui imputer des propos qu'il n'a jamais tenus, des opinions qu'il n'a jamais soutenues, une biographie falsifiée, des orientations sexuelles fallacieuses, ou une affiliation inexistante. De tels procédés, faux et usage de faux, sont passibles d'expulsion.
Vous n'avez pas le droit de vanter une secte ni une religion, ni de recruter des adeptes. Vous avez le droit de les ridiculiser (les religions et les sectes), encore que ce soit souvent hors-sujet, sans ridiculiser ceux de leurs membres qui sont honnêtes. Vous avez le droit de les comparer entre elles, voire de souligner tels traits positifs dans un cadre comparatiste.
Vous n'avez pas le droit de ridiculiser l'autre intimement, dans sa personne. Mais vous avez le droit de ridiculiser des doctrines, des légendes, des croyances.
Nous le regrettons pour celui qui ne sait pas faire la différence entre lui-même et telle ou telle doctrine, mais il va entrer automatiquement en conflit avec une déontologie de la famille. Si nous n'étions pas intimement convaincus qu'une déontologie l'emporte sur toute croyance et sur toute religion, nous n'aurions pas créé cette organisation.

Vous avez le droit de ridiculiser des tactiques pour se mettre constamment en position haute, vous avez le droit de ridiculiser la « Reptilian Attitude », les tactiques pour toujours rabaisser et mépriser son prochain. Vous avez le droit d'utiliser l'ironie et la satire dans ce but. « Ridendo castigo mores » : vous avez le droit de faire rire pour châtier les moeurs. Vous n'avez pas le droit de déborder vers l'attaque à la personne.

Vous n'avez pas le droit de frapper un homme à terre, vous n'avez pas le droit de frapper un dépressif pour l'enfoncer davantage dans la dépression, ni de vous moquer d'une infirmité, réelle ou prétendue. Par exemple, sur les sites féministes, il est traditionnel de traiter l'autre d'impuissant, chaque fois que l'on est à court d'argument. C'est là l'exemple type de ce qui est proscrit ici.

Vous avez le droit de mettre en évidence des escroqueries, des tromperies, des mensonges politiques, des crimes. Mais vous n'avez pas le droit d'insulter ceux qui pratiquent ces monstruosités. Vous devez constamment leur tenir ouvert le chemin de la résipiscence.

Vous avez le droit de demander à l'autre de s'exprimer clairement, et en français. Chacun a le devoir de mettre en oeuvre les moyens pour s'exprimer clairement, en respectant les lecteurs, et en respectant la langue du mieux qu'il pourra.
« Modifié: mars 11, 2008, 08:45:14 by Jacques »
La science se distingue des autres modes de transmission des connaissances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences

Jacques

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 805
Re : La philosophie derrière la pseudoscience, par Mario Bunge
« Réponse #2 le: août 15, 2013, 12:56:32 »
A peu de choses près, cet article de Mario Bunge était déjà paru en 1982, pages 369 à 388 de Fundamenta Scientiae, Volume 3, 3/4, 1982, Pergamon Press, sous le titre : Demarcating Science from Pseudoscience.
La science se distingue des autres modes de transmission des connaissances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences

 

Recent

Membres
  • Total des membres: 51
  • Latest: Stan
Stats
  • Total des messages: 805
  • Total des sujets: 326
  • Online Today: 7
  • Online Ever: 57
  • (octobre 09, 2014, 06:30:06)
Membres en ligne
Users: 0
Guests: 1
Total: 1